
Chouaib.S
La bataille pour la Coupe d’Afrique des nations 2025 est loin d’être terminée. Alors que le Maroc avait été déclaré vainqueur sur décision des instances de la Confédération africaine de football (CAF), le Sénégal a décidé de porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Le rendez-vous judiciaire est désormais fixé au 8 octobre 2026 à Lausanne, où les deux parties défendront leurs arguments.
Au cœur du litige : la décision de la CAF de considérer le Sénégal comme ayant perdu la finale par forfait, après les événements survenus pendant la rencontre, et d’attribuer officiellement le titre au Maroc.
Une bataille juridique, plus que sportive.
Le TAS devra surtout déterminer si les instances de la CAF ont correctement appliqué leurs propres règlements. Autrement dit, il ne s’agira pas de rejouer la finale ni de juger la prestation des deux équipes sur le terrain, mais d’examiner la légalité et la proportionnalité de la décision contestée.
Le Maroc dispose d’un argument important : la Fédération royale marocaine de football n’est pas à l’origine de la décision contestée. Elle en est la bénéficiaire. La décision de déclarer le Sénégal forfait a été prise par les instances compétentes de la CAF, à la suite des incidents ayant marqué la rencontre.
Du côté marocain, l’argumentation devrait notamment reposer sur l’application des règlements disciplinaires de la CAF. Selon cette lecture, le départ des joueurs sénégalais de la pelouse pour protester contre une décision arbitrale constituait un manquement susceptible d’entraîner une défaite par forfait, fixée à 3-0.
Le Sénégal mise sur la reprise du match.
Le Sénégal, pour sa part, entend défendre une lecture différente des faits. Sa principale ligne de défense repose sur un élément concret : après l’interruption, les joueurs étaient revenus sur le terrain et la rencontre avait finalement repris jusqu’à son terme.
La Fédération sénégalaise pourrait donc soutenir que, puisque le match a été repris et achevé sportivement, le résultat obtenu sur la pelouse devait être conservé. Elle pourrait également contester le caractère proportionné de la sanction infligée par la CAF au regard des circonstances précises de la rencontre.
Le règlement sera au cœur du verdict.
C’est précisément là que se trouve l’enjeu majeur de cette procédure. Le TAS devra déterminer si les textes de la CAF ont été correctement interprétés et appliqués.
Si les arbitres du TAS considèrent que la commission d’appel de la CAF a respecté les règlements en vigueur, la décision attribuant la victoire au Maroc pourrait être confirmée. À l’inverse, si une erreur d’interprétation ou d’application des textes est constatée, le tribunal pourrait remettre en cause la décision et éventuellement renvoyer le dossier devant les instances compétentes de la CAF pour un nouvel examen.
Il faut toutefois rester prudent : aucune certitude ne permet, avant l’audience et l’examen complet du dossier, d’affirmer quelle partie l’emportera. Le verdict dépendra des arguments juridiques, des pièces produites et surtout de l’interprétation que le TAS fera des règlements applicables.
Le 8 octobre, une nouvelle manche décisive.
L’audience se tiendra à huis clos au siège du Tribunal arbitral du sport, à Lausanne. Elle réunira une formation de trois arbitres, présidée par le Français Gérard Simon, avec l’Italien Luigi Fumagalli et l’Allemand Ulrich Haas.
Une précision importante : le verdict ne sera pas rendu le jour même de l’audience. Les deux camps devront donc patienter avant de connaître définitivement le sort du trophée.
Pour le Maroc comme pour le Sénégal, l’enjeu dépasse désormais largement les 90 minutes disputées sur la pelouse. La véritable finale se joue désormais sur le terrain du droit sportif. Et cette fois, ce sont les règlements, les procédures et l’interprétation juridique qui décideront à qui reviendra définitivement la Coupe.


