
Chouaib.S
Après le Mondial 2026, l’équipe nationale du Maroc amorce un nouveau cycle. Alors que les Lions de l’Atlas poursuivent leur préparation en vue de la prochaine Coupe d’Afrique des nations, prévue du 19 juin au 17 juillet 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, une nouvelle génération commence à se faire une place au sein du groupe de Mohamed Ouahbi.
Lors des dernières rencontres, plusieurs jeunes joueurs ont obtenu leurs premières minutes, voire leur première titularisation avec les A. Des débuts qui ne constituent pas seulement une récompense pour leurs performances en club ou avec les sélections de jeunes : ils traduisent aussi la volonté du Maroc de préparer progressivement la relève et d’élargir son réservoir de talents.
Abdellah Ouazane, le phénomène de 17 ans.
Parmi ces nouveaux visages, Abdellah Ouazane est celui qui suscite le plus d’attention. À seulement 17 ans, le milieu de terrain a déjà franchi les portes de l’équipe première de l’Ajax Amsterdam et apparaît comme l’un des grands espoirs du football marocain.
Très attendu avec les A, Ouazane a fait ses débuts contre le Gabon, le 25 septembre au stade Moulay Abdellah. Entré à la 76e minute à la place d’Abde Ezzalzouli, il a participé au succès marocain (2-0), devenant ainsi le deuxième plus jeune joueur de l’histoire à porter le maillot de la sélection marocaine, derrière Hachim Mastour.
Son arrivée chez les A vient couronner une année 2025 exceptionnelle. En avril, Ouazane avait remporté la Coupe d’Afrique des nations U17 avec le Maroc, compétition au cours de laquelle il avait été désigné meilleur joueur. Quelques mois plus tard, son nom s’était retrouvé au cœur du mercato européen, notamment autour d’un possible rapprochement entre l’Ajax et le Real Madrid, finalement abandonné après une visite médicale jugée non concluante.
Ali Maamar, le lien entre la génération U20 et les A.
Autre jeune à avoir franchi un nouveau cap : Ali Maamar. Le latéral formé à Anderlecht a connu sa première titularisation avec les Lions de l’Atlas face au Gabon.
Son intégration n’est pas vraiment une surprise. Maamar avait déjà participé à la préparation du Mondial 2026, notamment contre Madagascar, où il avait disputé une vingtaine de minutes. Désormais installé dans l’effectif d’Anderlecht, il possède également un lien particulier avec Mohamed Ouahbi, qui le connaît depuis ses années de formation en Belgique.
Maamar faisait surtout partie de l’équipe marocaine sacrée championne du monde U20 au Chili en 2025 sous les ordres de Ouahbi. Son passage vers la sélection A illustre donc parfaitement la volonté de prolonger la trajectoire d’une génération qui a déjà marqué l’histoire du football marocain chez les jeunes.
Yassir Zabiri, le buteur qui arrive lancé.
Dans cette même génération figure Yassir Zabiri, autre produit de l’Académie Mohammed VI de football. L’attaquant s’était particulièrement illustré lors du Mondial U20 au Chili, où il avait inscrit cinq buts, dont les deux réalisations marocaines en finale face à l’Argentine (2-0).
Depuis, Zabiri a changé de décor et poursuivi sa progression en club. Prêté par Rennes au Racing Santander, il s’est rapidement montré décisif avec six buts en sept rencontres. Ses performances lui ont également valu d’être désigné joueur du mois d’août par les supporters de son club.
Sa première titularisation avec les A contre le Gabon constitue donc une nouvelle étape dans une ascension particulièrement rapide. Le Maroc dispose désormais d’une nouvelle option offensive susceptible de s’inscrire dans la durée.
Aït Boudlal, une première titularisation après avoir côtoyé les A.
À 20 ans, Abdelhamid Aït Boudlal n’est plus tout à fait un inconnu. Le défenseur avait déjà été convoqué avec les Lions de l’Atlas et figurait dans le groupe marocain lors de la CAN 2025, sans toutefois disputer la moindre minute.
Face au Lesotho, le 29 septembre, il a cette fois été titularisé pour la première fois avec la sélection A. Il avait auparavant effectué une courte apparition contre l’Ouganda en 2025.
Formé à l’Académie Mohammed VI, le défenseur s’est progressivement imposé à Rennes. Ses performances en club lui ont également permis d’attirer l’attention sur la scène européenne : son nom figure parmi les 100 joueurs nommés pour le Golden Boy 2026, distinction qui récompense les jeunes talents évoluant en Europe.
Tawfik Bentayeb, de la Botola à la sélection
Le parcours de Tawfik Bentayeb est différent. À 24 ans, l’attaquant représente une génération un peu plus expérimentée et constitue l’exemple d’un joueur ayant construit son ascension à travers le championnat marocain avant de s’imposer en France.
Révélé en Ligue 2 avec Troyes, Bentayeb a terminé meilleur buteur du championnat la saison dernière avec 18 réalisations. Ces performances lui ont ouvert les portes d’Anderlecht à l’été 2026.
Quelques semaines seulement après son arrivée en Belgique, il a découvert la sélection marocaine. Entré à la 84e minute contre le Lesotho à la place d’Ismaël Saibari, il a connu ses premières minutes internationales. À lui désormais de transformer cette première convocation en véritable installation chez les Lions de l’Atlas.
Soufiane El-Faouzi, une carte à jouer au milieu.
Soufiane El-Faouzi, milieu de terrain de Schalke 04, a lui aussi découvert la sélection A face au Lesotho.
Après avoir progressivement gagné du temps de jeu en club, il a accompagné Schalke dans son retour au plus haut niveau allemand et évolue désormais en Bundesliga. Son arrivée intervient dans un secteur où la concurrence reste importante, mais où le Maroc pourrait aussi connaître des changements au fil du renouvellement de l’effectif.
La décision de Sofyan Amrabat de ne plus revenir en sélection ouvre notamment une nouvelle perspective pour les jeunes milieux appelés à prendre progressivement leurs responsabilités.
Alaa Bellaarouch, un gardien qui attend son heure.
Enfin, Alaa Bellaarouch complète cette nouvelle vague. Le gardien avait déjà remporté la CAN U23 avec le Maroc en 2023. Sa première convocation avec les A représente donc une étape supplémentaire dans un parcours construit au sein des différentes catégories de la sélection.
Son arrivée rappelle également que le renouvellement ne concerne pas uniquement les joueurs de champ. Le Maroc cherche aussi à préparer l’avenir à un poste particulièrement sensible, où l’expérience et la régularité sont essentielles.
Une relève déjà en mouvement.
Ouazane, Maamar, Zabiri, Aït Boudlal, Bentayeb, El-Faouzi et Bellaarouch incarnent, chacun à leur manière, le nouveau visage des Lions de l’Atlas.
Leur parcours révèle surtout la profondeur du vivier marocain : certains sont issus de l’Académie Mohammed VI, d’autres ont été formés en Belgique, en France ou dans d’autres centres européens, tandis que plusieurs ont déjà connu les sélections de jeunes et leurs compétitions internationales.
Après le Mondial 2026, le Maroc ne repart donc pas d’une feuille blanche. Il s’appuie sur une génération expérimentée tout en intégrant progressivement des joueurs qui ont déjà démontré leur potentiel. La véritable question sera désormais de savoir lesquels de ces nouveaux visages parviendront à transformer leurs premières apparitions en une place durable au sein des Lions de l’Atlas.





