Tanger chasse ses touristes : l’échec d’un gouvernement qui laisse les oligarques faire la loi

2 أغسطس 2026
Tanger chasse ses touristes : l’échec d’un gouvernement qui laisse les oligarques faire la loi

Chouaib.S
C’est un signal d’alarme que le gouvernement ne peut plus ignorer. Pour la première fois, Tanger voit une partie de ses vacanciers écourter leur séjour pour traverser le détroit et poursuivre leurs vacances sur la Costa del Sol, en Espagne. Un comble pour un pays qui ambitionne de devenir une grande puissance touristique.
Le constat est accablant : aujourd’hui, de nombreux Marocains, mais aussi des touristes étrangers, considèrent qu’il est moins cher de passer leurs vacances dans le sud de l’Espagne qu’à Tanger. Là-bas, les prix sont souvent plus raisonnables, les règles plus strictes, les services de meilleure qualité et les consommateurs mieux protégés. Au Maroc, en revanche, chacun semble fixer ses tarifs à sa guise, sans véritable contrôle de l’État.
Comment accepter qu’un appartement soit loué jusqu’à 5.000 dirhams la nuit ? Comment expliquer que des hôtels affichent un prix sur Internet avant d’en imposer un autre à l’arrivée du client ? Comment tolérer que des restaurants et des cafés effacent les prix de leurs cartes ou les modifient au stylo selon la tête du client ? Ces pratiques relèvent d’une véritable économie du désordre, rendue possible par l’absence de contrôles efficaces et de sanctions dissuasives.
Le plus grave est sans doute le silence des autorités. Pendant que quelques spéculateurs engrangent des bénéfices records en quelques semaines, l’image de Tanger, et plus largement celle du Maroc touristique, se dégrade dangereusement. Ce laisser-faire nourrit l’idée que certains intérêts privés sont mieux protégés que les consommateurs, les familles marocaines ou les professionnels honnêtes.
Le gouvernement porte une lourde responsabilité. Son incapacité à encadrer les prix, à lutter contre les abus et à protéger les vacanciers alimente le sentiment que les intérêts d’une minorité privilégiée passent avant ceux de la majorité. Un État qui renonce à faire respecter les règles laisse inévitablement prospérer les abus.
Cette situation est d’autant plus paradoxale que des milliards de dirhams sont investis dans les infrastructures, les ports, les aéroports et la promotion du tourisme. Tous ces efforts risquent d’être réduits à néant si les visiteurs repartent avec le sentiment d’avoir été victimes d’une véritable exploitation.
Le tourisme ne peut prospérer dans l’anarchie tarifaire. Il repose sur la confiance, la transparence et la fidélité des visiteurs. Or, un touriste trompé ne revient pas. Pis encore, il devient le meilleur ambassadeur des destinations concurrentes.
Il est encore temps d’agir. Mais chaque saison estivale perdue renforce un peu plus la réputation de la Costa del Sol… et affaiblit celle de Tanger. À force de fermer les yeux sur les dérives et de laisser les spéculateurs dicter leur loi, le gouvernement prend le risque de sacrifier l’un des plus grands atouts économiques du royaume.
اترك تعليق

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *


شروط التعليق :

عدم الإساءة للكاتب أو للأشخاص أو للمقدسات أو مهاجمة الأديان أو الذات الالهية. والابتعاد عن التحريض الطائفي والعنصري والشتائم.


الاخبار العاجلة

نستخدم ملفات الكوكيز لنسهل عليك استخدام موقعنا الإلكتروني ونكيف المحتوى والإعلانات وفقا لمتطلباتك واحتياجاتك الخاصة، لتوفير ميزات وسائل التواصل الاجتماعية ولتحليل حركة الزيارات لدينا...لمعرفة المزيد

موافق