
Chouaib.S
La démocratie marocaine traverse une zone de turbulence inquiétante. Le rejet par la majorité gouvernementale des propositions de loi visant à plafonner les prix des carburants et à permettre le retour de la Samir dans le giron de l’État soulève une question fondamentale : qui gouverne réellement le pays ? Les représentants élus du peuple ou les puissances économiques qui gravitent autour du pouvoir ?
Pendant quelques jours, l’opposition avait pourtant réussi un coup politique en faisant adopter ces deux textes en commission parlementaire. Une initiative qui répondait à une attente populaire forte dans un contexte où les prix des carburants continuent de peser lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages, des transporteurs et des entreprises. Mais en séance plénière, la majorité, épaulée par les représentants du patronat et certains alliés syndicaux, a rapidement remis les pendules à l’heure en enterrant ces propositions.
Ce vote apparaît pour beaucoup comme une nouvelle victoire du lobby des hydrocarbures sur l’intérêt général. Depuis la libéralisation du marché des carburants, les consommateurs marocains ont vu les prix s’envoler sans que les mécanismes de contrôle ne suivent réellement. Pendant ce temps, les marges réalisées par certains opérateurs n’ont cessé d’alimenter les polémiques, les rapports institutionnels et les soupçons de situations de rente.
L’affaire de la Samir est encore plus révélatrice. Fermée depuis des années, la seule raffinerie du pays demeure le symbole d’une souveraineté énergétique abandonnée. Alors que plusieurs voix plaident pour une reprise publique afin de renforcer l’indépendance énergétique nationale, la majorité préfère maintenir le statu quo. Une position qui nourrit le sentiment que les intérêts privés pèsent davantage que les impératifs stratégiques du pays.
Au-delà du débat technique, c’est la crédibilité même des institutions qui est en jeu. Lorsque des décisions touchant directement le quotidien des citoyens semblent systématiquement s’effacer devant les exigences des groupes de pression, le doute s’installe. Les électeurs peuvent légitimement se demander à quoi servent les prochaines élections si les grandes orientations économiques sont déjà dictées ailleurs.
Le Parlement est censé être le temple de la souveraineté populaire. Or, lorsque le patronat, les lobbies des carburants et les détenteurs de puissants intérêts financiers apparaissent comme les véritables arbitres des décisions publiques, c’est tout l’équilibre démocratique qui vacille. Une démocratie ne peut durablement fonctionner lorsque les citoyens ont le sentiment que leur bulletin de vote pèse moins lourd que les intérêts des oligarques.
Le rejet du plafonnement des carburants et de la nationalisation de la Samir constitue donc bien plus qu’un simple vote parlementaire. Il symbolise le fossé grandissant entre les préoccupations des citoyens et les choix d’une élite politico-économique accusée de défendre ses privilèges. À force de voir les mêmes intérêts triompher, le risque est grand de nourrir la défiance envers les institutions et de transformer les élections en simples formalités sans véritable impact sur les décisions qui engagent l’avenir du pays.
La démocratie marocaine traverse une zone de turbulence inquiétante. Le rejet par la majorité gouvernementale des propositions de loi visant à plafonner les prix des carburants et à permettre le retour de la Samir dans le giron de l’État soulève une question fondamentale : qui gouverne réellement le pays ? Les représentants élus du peuple ou les puissances économiques qui gravitent autour du pouvoir ?
Pendant quelques jours, l’opposition avait pourtant réussi un coup politique en faisant adopter ces deux textes en commission parlementaire. Une initiative qui répondait à une attente populaire forte dans un contexte où les prix des carburants continuent de peser lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages, des transporteurs et des entreprises. Mais en séance plénière, la majorité, épaulée par les représentants du patronat et certains alliés syndicaux, a rapidement remis les pendules à l’heure en enterrant ces propositions.
Ce vote apparaît pour beaucoup comme une nouvelle victoire du lobby des hydrocarbures sur l’intérêt général. Depuis la libéralisation du marché des carburants, les consommateurs marocains ont vu les prix s’envoler sans que les mécanismes de contrôle ne suivent réellement. Pendant ce temps, les marges réalisées par certains opérateurs n’ont cessé d’alimenter les polémiques, les rapports institutionnels et les soupçons de situations de rente.
L’affaire de la Samir est encore plus révélatrice. Fermée depuis des années, la seule raffinerie du pays demeure le symbole d’une souveraineté énergétique abandonnée. Alors que plusieurs voix plaident pour une reprise publique afin de renforcer l’indépendance énergétique nationale, la majorité préfère maintenir le statu quo. Une position qui nourrit le sentiment que les intérêts privés pèsent davantage que les impératifs stratégiques du pays.
Au-delà du débat technique, c’est la crédibilité même des institutions qui est en jeu. Lorsque des décisions touchant directement le quotidien des citoyens semblent systématiquement s’effacer devant les exigences des groupes de pression, le doute s’installe. Les électeurs peuvent légitimement se demander à quoi servent les prochaines élections si les grandes orientations économiques sont déjà dictées ailleurs.
Le Parlement est censé être le temple de la souveraineté populaire. Or, lorsque le patronat, les lobbies des carburants et les détenteurs de puissants intérêts financiers apparaissent comme les véritables arbitres des décisions publiques, c’est tout l’équilibre démocratique qui vacille. Une démocratie ne peut durablement fonctionner lorsque les citoyens ont le sentiment que leur bulletin de vote pèse moins lourd que les intérêts des oligarques.
Le rejet du plafonnement des carburants et de la nationalisation de la Samir constitue donc bien plus qu’un simple vote parlementaire. Il symbolise le fossé grandissant entre les préoccupations des citoyens et les choix d’une élite politico-économique accusée de défendre ses privilèges. À force de voir les mêmes intérêts triompher, le risque est grand de nourrir la défiance envers les institutions et de transformer les élections en simples formalités sans véritable impact sur les décisions qui engagent l’avenir du pays.





