
Chouaib.S
À l’approche des prochaines élections législatives, une question domine toutes les autres : celle du bilan social d’un gouvernement de plus en plus perçu par une partie de l’opinion comme le gouvernement des puissants, des lobbies économiques, des oligarchies financières et des conflits d’intérêts. Au cœur des critiques se trouve le Rassemblement National des Indépendants (RNI), dont le président, Aziz Akhannouch, cristallise à lui seul une grande partie du mécontentement populaire.
Comme le PJD en 2021, balayé par les urnes après dix années de pouvoir et une accumulation de frustrations sociales, le RNI pourrait à son tour faire les frais d’un vote-sanction d’une ampleur comparable. L’histoire politique récente du Maroc a démontré qu’aucun parti n’est à l’abri lorsque le fossé se creuse entre les promesses électorales et la réalité quotidienne des citoyens.
Depuis plusieurs années, les Marocains sont confrontés à une hausse continue du coût de la vie, à une érosion du pouvoir d’achat et à des inégalités sociales persistantes. Malgré les annonces, les plans d’urgence et les discours rassurants, de nombreuses familles peinent toujours à joindre les deux bouts. Dans les marchés, les stations-service et les commerces, le sentiment d’une déconnexion entre les préoccupations du peuple et les priorités des gouvernants s’est progressivement installé.
Cette perception est renforcée par les nombreuses accusations visant l’exécutif, régulièrement soupçonné de favoriser les grands groupes économiques au détriment des classes moyennes et populaires. La confusion entre pouvoir politique et intérêts économiques privés nourrit un malaise profond. Pour beaucoup de citoyens, les conflits d’intérêts réels ou supposés n’ont jamais été dissipés de manière convaincante, alimentant une crise de confiance qui pourrait lourdement peser dans les urnes.
Le secteur de la santé illustre également les limites du mandat. Certes, des réformes ont été engagées et des investissements annoncés, mais la réalité reste marquée par des disparités territoriales flagrantes. Dans de nombreuses provinces, les habitants continuent de parcourir des dizaines de kilomètres pour accéder à des soins spécialisés, tandis que la pénurie de médecins et de personnel soignant demeure préoccupante. L’exode continu des compétences médicales vers l’étranger apparaît comme un symptôme supplémentaire d’un système qui peine à retenir ses talents.
Mais c’est sans doute le chômage qui constitue le talon d’Achille du gouvernement. Malgré les engagements pris, le nombre de demandeurs d’emploi reste élevé, notamment chez les jeunes diplômés. Chaque année, des milliers de jeunes arrivent sur le marché du travail avec l’espoir d’un avenir meilleur, avant de se heurter à une réalité faite de précarité, d’attente et parfois de découragement. Cette génération pourrait être tentée de transformer sa colère en bulletin de vote.
Les femmes, elles aussi, pourraient peser davantage dans le scrutin. Malgré les discours en faveur de l’égalité et de l’inclusion, beaucoup estiment que la représentation féminine dans les sphères décisionnelles demeure insuffisante et que les avancées concrètes restent en deçà des attentes.
Par ailleurs, le gouvernement n’a jamais réussi à s’approprier politiquement l’un des plus grands chantiers sociaux du règne : la généralisation de la protection sociale. Dans l’esprit de nombreux Marocains, cette réforme historique est avant tout associée à la vision et à l’impulsion du Roi Mohammed VI, considéré comme son principal initiateur et garant. Le RNI n’en a donc retiré qu’un bénéfice politique limité.
À quelques mois du scrutin, les sujets qui préoccupent réellement les citoyens sont connus : salaires insuffisants, retraites menacées, chômage persistant, inflation, accès aux soins, logement et pouvoir d’achat. Autant de dossiers qui risquent de reléguer au second plan les slogans de campagne et les promesses de dernière minute.
Le verdict appartiendra aux électeurs. Mais une chose est certaine : lorsque les difficultés sociales s’accumulent et que le sentiment d’injustice grandit, les urnes deviennent souvent l’instrument privilégié pour exprimer un ras-le-bol collectif. Après le PJD hier, le RNI pourrait découvrir à son tour qu’au Maroc, aucune majorité n’est éternelle et qu’aucun pouvoir ne peut durablement ignorer les attentes du peuple sans en payer le prix politique.
Le véritable adversaire du RNI ne sera peut-être pas l’opposition, mais le bilan social de son propre mandat.
À l’approche des prochaines élections législatives, une question domine toutes les autres : celle du bilan social d’un gouvernement de plus en plus perçu par une partie de l’opinion comme le gouvernement des puissants, des lobbies économiques, des oligarchies financières et des conflits d’intérêts. Au cœur des critiques se trouve le Rassemblement National des Indépendants (RNI), dont le président, Aziz Akhannouch, cristallise à lui seul une grande partie du mécontentement populaire.
Comme le PJD en 2021, balayé par les urnes après dix années de pouvoir et une accumulation de frustrations sociales, le RNI pourrait à son tour faire les frais d’un vote-sanction d’une ampleur comparable. L’histoire politique récente du Maroc a démontré qu’aucun parti n’est à l’abri lorsque le fossé se creuse entre les promesses électorales et la réalité quotidienne des citoyens.
Depuis plusieurs années, les Marocains sont confrontés à une hausse continue du coût de la vie, à une érosion du pouvoir d’achat et à des inégalités sociales persistantes. Malgré les annonces, les plans d’urgence et les discours rassurants, de nombreuses familles peinent toujours à joindre les deux bouts. Dans les marchés, les stations-service et les commerces, le sentiment d’une déconnexion entre les préoccupations du peuple et les priorités des gouvernants s’est progressivement installé.
Cette perception est renforcée par les nombreuses accusations visant l’exécutif, régulièrement soupçonné de favoriser les grands groupes économiques au détriment des classes moyennes et populaires. La confusion entre pouvoir politique et intérêts économiques privés nourrit un malaise profond. Pour beaucoup de citoyens, les conflits d’intérêts réels ou supposés n’ont jamais été dissipés de manière convaincante, alimentant une crise de confiance qui pourrait lourdement peser dans les urnes.
Le secteur de la santé illustre également les limites du mandat. Certes, des réformes ont été engagées et des investissements annoncés, mais la réalité reste marquée par des disparités territoriales flagrantes. Dans de nombreuses provinces, les habitants continuent de parcourir des dizaines de kilomètres pour accéder à des soins spécialisés, tandis que la pénurie de médecins et de personnel soignant demeure préoccupante. L’exode continu des compétences médicales vers l’étranger apparaît comme un symptôme supplémentaire d’un système qui peine à retenir ses talents.
Mais c’est sans doute le chômage qui constitue le talon d’Achille du gouvernement. Malgré les engagements pris, le nombre de demandeurs d’emploi reste élevé, notamment chez les jeunes diplômés. Chaque année, des milliers de jeunes arrivent sur le marché du travail avec l’espoir d’un avenir meilleur, avant de se heurter à une réalité faite de précarité, d’attente et parfois de découragement. Cette génération pourrait être tentée de transformer sa colère en bulletin de vote.
Les femmes, elles aussi, pourraient peser davantage dans le scrutin. Malgré les discours en faveur de l’égalité et de l’inclusion, beaucoup estiment que la représentation féminine dans les sphères décisionnelles demeure insuffisante et que les avancées concrètes restent en deçà des attentes.
Par ailleurs, le gouvernement n’a jamais réussi à s’approprier politiquement l’un des plus grands chantiers sociaux du règne : la généralisation de la protection sociale. Dans l’esprit de nombreux Marocains, cette réforme historique est avant tout associée à la vision et à l’impulsion du Roi Mohammed VI, considéré comme son principal initiateur et garant. Le RNI n’en a donc retiré qu’un bénéfice politique limité.
À quelques mois du scrutin, les sujets qui préoccupent réellement les citoyens sont connus : salaires insuffisants, retraites menacées, chômage persistant, inflation, accès aux soins, logement et pouvoir d’achat. Autant de dossiers qui risquent de reléguer au second plan les slogans de campagne et les promesses de dernière minute.
Le verdict appartiendra aux électeurs. Mais une chose est certaine : lorsque les difficultés sociales s’accumulent et que le sentiment d’injustice grandit, les urnes deviennent souvent l’instrument privilégié pour exprimer un ras-le-bol collectif. Après le PJD hier, le RNI pourrait découvrir à son tour qu’au Maroc, aucune majorité n’est éternelle et qu’aucun pouvoir ne peut durablement ignorer les attentes du peuple sans en payer le prix politique.
Le véritable adversaire du RNI ne sera peut-être pas l’opposition, mais le bilan social de son propre mandat.



