Alger acculé : le régime des caporaux rattrapé par un demi-siècle de manipulations

31 مايو 2026
Alger acculé : le régime des caporaux rattrapé par un demi-siècle de manipulations

Chouaib.S
Il aura fallu plus de cinquante ans de propagande, de surenchère idéologique et d’hostilité obsessionnelle envers le Maroc pour que le régime algérien commence enfin à entrevoir une réalité qu’il a longtemps tenté d’étouffer : le dossier du Sahara ne peut plus être instrumentalisé éternellement au service d’ambitions géopolitiques dépassées.
Le discours prononcé le 25 mai 2026 par le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, à l’occasion de la Journée de l’Afrique, marque un tournant révélateur. Derrière les slogans habituels sur « l’autodétermination », Alger a dû avaler une pilule amère : soutenir implicitement une résolution du Conseil de sécurité qui consolide de facto le cadre politique favorable au plan d’autonomie marocain. Une concession lourde de sens, même noyée dans les contorsions diplomatiques et les formules ambiguës.
Ce revirement n’a rien d’un sursaut de lucidité morale. Il est le produit d’un rapport de force international devenu intenable pour le pouvoir algérien. La pression américaine, les négociations discrètes menées ces derniers mois entre Madrid, Washington et Alger, ainsi que l’évolution du consensus international autour de la proposition marocaine, ont placé le régime des généraux face à une impasse : persister dans l’obstruction au risque d’un isolement croissant, ou commencer à reculer sans l’avouer publiquement.
Pendant des décennies, Alger a tenté de se présenter comme un simple « observateur » du conflit. Une fiction diplomatique qui ne trompe plus grand monde. Le Polisario n’a jamais survécu sans le soutien financier, militaire et logistique de l’Algérie. Les camps de Tindouf sont devenus le symbole d’un système opaque, verrouillé, où des populations entières ont été prises en otage d’un agenda politique conçu par les stratèges du régime militaire.
Le plus ironique dans cette affaire est que le pouvoir algérien semble aujourd’hui prisonnier de sa propre création. À force d’avoir entretenu artificiellement ce conflit, il a fabriqué un appareil politico-militaire incontrôlable, greffé aux fractures explosives du Sahel. Le Polisario d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec la question sahraouie originelle. Les camps se sont progressivement transformés en zone grise où circulent trafics, influences armées et réseaux transfrontaliers. Dissoudre cette structure sans provoquer une nouvelle déstabilisation régionale relève désormais du casse-tête sécuritaire.
La posture actuelle d’Alger illustre toute la faillite d’un régime bâti sur la fuite en avant. D’un côté, il continue d’agiter les vieux slogans révolutionnaires pour nourrir une opinion publique abreuvée de rhétorique nationaliste depuis des décennies. De l’autre, il accepte discrètement ce qu’il refusait hier avec arrogance : l’idée que le plan d’autonomie marocain constitue désormais la seule solution crédible soutenue par les grandes puissances.
Le problème fondamental du régime des caporaux est qu’il a toujours préféré l’ennemi extérieur aux réformes internes. Plutôt que de bâtir une véritable puissance économique et démocratique, il a investi des milliards dans une guerre diplomatique stérile contre le Maroc. Résultat : une économie sous tension, une jeunesse désabusée, des libertés étouffées et une dépendance chronique aux hydrocarbures.
Pendant ce temps, Rabat a avancé avec méthode, patience et constance. Sous l’impulsion de Mohammed VI, le Maroc a multiplié les ouvertures diplomatiques, les partenariats stratégiques et les investissements dans les provinces du Sud, tout en tendant à plusieurs reprises la main à Alger pour sortir par le haut d’une crise artificiellement prolongée. Mais le régime algérien, enfermé dans sa logique de confrontation permanente, a préféré l’orgueil à la lucidité.
Cette obstination risque aujourd’hui de lui coûter très cher. Car au-delà du Sahara occidental, d’autres dossiers sensibles pourraient revenir sur la table, notamment celui du Sahara oriental et des immenses richesses minières de Gara Jbilet. Héritées d’un découpage colonial arbitraire, ces questions demeurent des blessures historiques jamais totalement refermées.
Le temps joue désormais contre Alger. Le monde change, les équilibres géopolitiques évoluent, et les vieilles stratégies de guerre froide ne suffisent plus à masquer les contradictions d’un pouvoir militaire qui gouverne davantage par réflexe sécuritaire que par vision d’avenir.
Le grand retournement semble engagé. Et pour le régime algérien, longtemps persuadé de pouvoir manipuler l’histoire indéfiniment, le réveil pourrait être brutal.

اترك تعليق

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *


شروط التعليق :

عدم الإساءة للكاتب أو للأشخاص أو للمقدسات أو مهاجمة الأديان أو الذات الالهية. والابتعاد عن التحريض الطائفي والعنصري والشتائم.


الاخبار العاجلة

نستخدم ملفات الكوكيز لنسهل عليك استخدام موقعنا الإلكتروني ونكيف المحتوى والإعلانات وفقا لمتطلباتك واحتياجاتك الخاصة، لتوفير ميزات وسائل التواصل الاجتماعية ولتحليل حركة الزيارات لدينا...لمعرفة المزيد

موافق